mardi 28 février 2017

La Maison du Soleil tome 1



Résumé :

Une place rien que pour moi !
Petite, Mao passait ses journées dans la famille Nakamura. La vie y était joyeuse et insouciante et comblait le vide laissé par l’absence de sa mère, partie avec un autre homme, et celle de son père, travailleur acharné. Plusieurs années ont passé… Le père de Mao s’est remarié et construit une nouvelle vie de famille à laquelle la jeune fille se sent étrangère. Hiro, l’aîné des Nakamura, vit seul dans la maison familiale depuis le décès de ses parents. Face à la détresse de la jeune fille, il lui propose d’emménager chez lui…
Une romance poétique où l’optimisme apaise les blessures de l’âme…

Quelques scans :




Informations sur le manga :
Titre du tome VF : La Maison du Soleil tome 1 
Titre du tome VO : Taiyô no Ie
Editeur VF : Pika édition
Editeur VO : Kodansha
Catégorie : Shôjo
Date de sortie française : 18 janvier 2017
Mangaka : TAAMO
Prix : 6,99
Pages : 160
Appréciation : 4.5/5 Coup de foudre ✿






Ma chronique :

La Maison du Soleil est un manga dont j'ai appris la licence en France avec un certain enthousiasme et dès que j'ai parcouru les critiques élogieuses qui le caractérisaient, ni une ni deux j'ai voulu l'acheter.

Quand je l'ai trouvé au rabais à Gilbert Joseph, je suis instantanément reparti avec. Rien que la lecture du titre qui, il faut de se l'avouer, est doux, tendre et poétique à souhait, m'avait convaincue. La couverture est toute simple et reste franchement très jolie et lumineuse, sobre et épurée dans les tons du manga et nous promet un contenu similaire.

Déjà je peux vous signaler que je conseille cette série à tout le monde, que vous soyez amateurs de shôjo ou non. Elle fera un total de 13 tomes. Je dois vous dire qu'au début je n'avais pas compris qu'on retrouverait Mao en temps que lycéenne également. Je m'attendais à un tome seulement centré sur la petite enfance de la demoiselle mais j'ai trouvé cela parfait.

Nous suivons Mao, une petite fille solitaire et renfermée, délaissée par ses parents en instance de divorce qui lui prouvent clairement qu'ils ne veulent pas d'elle, qu'elle n'est qu'une gêne pour eux. Depuis toute petite, l'enfant s'évertue à cacher ses larmes à tous pour ne pas provoquer de crise chez ses parents, convaincue que si elle agit en bonne petite fille modèle, tout finira par s'arranger. Seulement elle rentre un soir chez elle et surprend sa mère débarquant avec un autre homme que son père. Laquelle lui annonce de but en blanc qu'elle va se séparer de son mari pour vivre avec cet homme. La petite Mao devra alors choisir entre son père et sa mère et c'est chez son géniteur qu'elle ira vivre. Seulement le courant ne passe absolument pas avec cet homme, remarié, qui n'est plus qu'un étranger pour elle. Mao ne se sent même plus chez elle sous son propre toit. Nous avons son point de vue quand elle est toute jeune et la retrouvons ensuite âgée de 17 ans. Pour alléger son triste quotidien, Mao avait l'habitude de se rendre chez ses voisins pour manger et jouer avec les enfants de la maison. La petite de l'époque tentait de retrouver un semblant d'équilibre auprès de cette famille chaleureuse et parfaite selon elle, ne manquant de rien et surtout pas d'amour. Mais tout n'est pas rose dans la petite famille qu'elle fréquente. Le père n'est quasiment jamais là à cause de son travail, laissant sa femme et ses trois enfants seuls.

Nous ferons aussi la connaissance du petit Hiro, ami mais également frère de coeur de notre protagoniste. Il aura lui aussi voix au récit. Mais un nouveau drame frappe la famille. Les parents décèdent et le petit frère (Daiki) et la petite sœur (Hina) partent vivre chez des membres de leur famille. Ce grand frère modèle, qui a toujours tout fait pour soulager le fardeau de sa mère, va décider de rester et de s'occuper de la nouvelle grande maison que les parents avaient acheté avant de mourir pour être plus prêts du lieu de travail du père.

Le contact n'est pourtant pas rompu entre Hiro et son amie Mao. Ce dernier proposera à la jeune fille de venir habiter avec lui (il sera alors âgé de 23 ans, aura un boulot respectable et une situation stable tandis que la jeune fille achèvera ses études de lycéenne) et elle y consentira.

Il y a vraiment quelque chose de poignant dans ce récit qui vous empêchera de l'abandonner en cours de route et vous invitera au contraire à le dévorer de bout en bout sans vous arrêter. Les thèmes traités sont ici employés avec une grande délicatesse et à la fois une énorme brusquerie pour une si petite fille. On peut facilement passer du rire aux larmes, de l'amertume au sourire.

Il n'est pas aisé de cerner le caractère émotionnel vacillant de la jeune fille qui souffre terriblement et ne s'autorise pas au moindre épanchement. Mao est en effet une personne qui a grandi sans figure maternelle et paternelle et ne sait pas exprimer ses émotions. Insolente, mal organisée, bordélique, impolie, immature (j'ai vraiment hâte de la voir mûrir et de suivre son évolution au fil des tomes) mais dès le début terriblement attachante. En somme un personnage principal véritablement et authentiquement humain qui ne rêve que d'une seule chose : avoir un foyer où elle pourra dire "je suis rentrée, je suis arrivée à la maison" et quelqu'un qui l'attendra pour l'aimer. Même des règles pour la restreindre parce que cela signifie que l'on tient à elle, j'ai trouvé cette demande très touchante de sa part alors que nous-mêmes nous ne nous rendons pas compte de ce genre de choses qui peuvent être très précieuses pour les autres. 
Et notre Mao a beaucoup de mal à s'intégrer sur le plan social et ne cesse de blesser involontairement les gens qu'elle aime, refoulant les marques d'attention et les simples remerciements qu'elle pourrait adresser à autrui. Mais la jeune fille est consciente de ses actes et la culpabilité l'étreint toujours après avoir mal agi.

Elle ne pourra trouver ses repères qu'en Hiro, la seule figure "maternelle" qu'elle connaisse. Le jeune homme est tout ce qu'il y a de plus rangé : adorable, astucieux, protecteur, attentionné, adroit, habile, organisé... bref il a tout du grand frère idéal. Mais c'est un garçon qui a appris à grandir beaucoup trop tôt, qui cache en lui une solitude immense et fait tout le temps contre mauvaise fortune bon coeur. L'éloignement de son frère et de sa sœur dont les rapports semblent tendus/ inexistants ajoute du poids à cet adulte qui ne rêve que d'une chose, revenir l'enfant innocent qu'il était.

Les deux protagonistes, et principalement la plus jeune, vont se poser des questions sur cette relation fraternelle qui n'en est pas vraiment une et qui les unit. Les dialogues entre les deux amis, la répartie piquante, vive et acérée de Mao contraste agréablement avec le calme et le recul de notre Hiro qui ne veut que le bonheur de sa jeune compagne. Et pourtant chacun se retrouve en l'autre et ne peut pas s'en passer, telle une figure de substitution pour combler ce vide laissé par la famille montée aux cieux et l'absence de cette dernière du côté de Mao.

Quelques traits d'humour détendent l'atmosphère, le côté garçon manqué de l'héroïne ressort bien et est vraiment adorable sans tomber dans le cliché profond. Taamo traite son histoire avec une belle maîtrise et une mise en avant de sentiments et de situations vraiment convaincantes, on a l'impression d'être le personnage en question et de vivre ses doutes, ses joies, ses peines, ses questionnements, sa douleur...

Le dessin épuré est très agréable visuellement et colle vraiment aux moments de douceur retransmise par et pour nos héros. Je me suis beaucoup attachée à eux et je regrette déjà de ne pas avoir la suite en main. Les expressions visuelles ont de l'impact.

La fin laisse planer un petit cliffhanger comme je m'y attendais.
Néanmoins je suis surprise de la tournure de réflexion de Mao qui m'a semblé un tout petit peu trop rapide... Je me demande vraiment comment va se dérouler le prochain tome et si nous pourrons vraiment démêler le fil rouge des sentiments des protagonistes : la différence d'âge de six ans, le fait qu'ils aient grandi ensemble, le caractère de tsundere de Mao qui commence à s'effriter, le personnage secondaire qui se rapproche de la jeune fille et cet intérêt pour cette collègue de travail pourraient être les bombes désamorcées de nombreuses complexités à venir. Je fais naturellement confiance à Taamo pour nous retranscrire les émotions de ses enfants de papier.


Je pense vraiment que cette saga est une lecture universelle, bonne à piocher et à mettre entre toutes les mains.


Et j'ai noté une sous-intrigue intéressante
qui me rappelle nostalgiquement Love Mission et d'après le résumé du tome 2, je sens que cela va faire des étincelles et remuer les tréfonds de l'âme de nos protagonistes. Vous apprendrez justement le pourquoi du titre de cette série.

En bref, une fois qu'on est entré dans la Maison du Soleil, on n'a plus envie d'en ressortir. Les thèmes de la douleur et de l'absence sont là, sont présents et finement amenés, le dessin est doux, les ressentis poétiques et les personnages à croquer. Je ne
souhaite plus qu'une chose : les voir sourire et se reconstruire tout les deux.

Vivement le tome suivant ! :3

Citations :
Autrefois, cette maison avait comme un pouvoir magique. Là-bas, on se mettait à rire même quand on pleurait. J'ai toujours pensé qu'un magicien invisible y résidait.

Ce n'est peut-être pas le bon mot, mais pouvoir s'inquiéter pour quelqu'un ça a quelque chose d'agréable.

Ma maison a disparu. Je n'ai plus aucun endroit où rentrer. Personne ne m'attend. Personne n'a besoin de moi.




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