vendredi 10 mars 2017

Pétale de papier n°1 - L'Enfant et le Maudit est une nouvelle épopée haute en couleurs qui s'écrit et se dessine, une nouvelle claque d'émotions brutes et une fable mélancolique sur la vie et l'amour, qui touche la condition humaine en mettant le doigt sur le "blanc" et le "noir" qui cohabitent en chacun de nous.

Résumé :
Il était une fois une enfant et un non-humain maudit, venus de deux mondes différents. Alors que l’étrange être veille sur la petite fille, celle-ci vit à ses côtés sans se rendre compte de la dangerosité du monde qui l’entoure. Candide, la jeune humaine attend qu’on vienne la chercher, tandis que la créature n’ose pas lui révéler la triste vérité et briser toutes ses espérances… Traversée par une douceur empreinte de tristesse, cette relation calme et sensible se construit par petites touches et soulève nombre de questions : que font-ils ensemble ? Pourquoi la protège-t-il ? Qu’adviendra-t-il d’eux ? Pourquoi les hommes s’en prennent-ils au "Maudit" ?… et bien plus encore !

Ce duo fonctionne à merveille et leur complicité est un rayon de lumière dans la noirceur du monde extérieur. Baigné dans une atmosphère prégnante, enivrante et poétique, le contraste entre ces deux individus que tout oppose transparaît à chaque instant. Ils sont aussi différents que le jour et la nuit… Et malgré tout ce qui les sépare, malgré les ténèbres qui les entourent, ils vont écrire petit à petit une fable tous les deux…






Informations sur le manga :
Titre du tome VF : L'Enfant et le Maudit
Titre du tome VO : Totsukuni no Shoujo - Siúil a Rún
Editeur VF : Komikku Editions
Editeur VO : Mag Garden
Catégorie : Shonen
Date de sortie française : 9 mars 2017
Mangaka : NAGABE
Prix : 7,90
Pages : 208
Appréciation :
5/5 Coup de coeur ✿

Ma chronique :
J'ai eu l'immense plaisir de lire ce tome un jour avant sa sortie. Je l'attendais avec une impatience folle et quand j'ai réalisé qu'il était déjà en vente avec son compatriote Reine d'Egypte, vous pensez bien que je l'ai immédiatement acheté.
C'est évidemment un coup de coeur. Je ne saurai vous dire si j'ai préféré le premier opus de Somali et l'esprit de la forêt ou celui-ci parce nous sommes dans des univers assez liés mais je vous conseille d'ores et déjà cette lecture à 200%.

L'Enfant et le Maudit est un titre unique et hors du commun. Je suis rentrée directement dans l'histoire, je n'ai pas pu la lâcher et j'ai relu le tome le lendemain avec ravissement. Cette histoire nous conte la "cohabitation" singulière entre deux pays : celui de "l'Intérieur" qui a été créé par le Dieu de la Lumière pour la race humaine et son jumeau de "l'Extérieur" abritant les Maudits, les non-humains. Nous nous retrouvons en compagnie de Sheeva, une petite fille humaine et une étrange créature qu'elle nomme "Professeur". La gamine reste avec son protecteur en croyant dur comme fer que sa tante reviendra la chercher. C'est sans peur qu'elle a suivi ce Maudit après s'être réveillée seule dans la forêt. Or, beaucoup de choses vont nous être apprises dans ce tome et une multitude d'interrogations se posent. (Si vous n'avez pas lu ce tome, je vous demanderai de vous abstenir de lire ces lignes jusqu'à mon prochain paragraphe.)


L'univers auquel nous faisons face est hyper intriguant et mystérieux. La tante de Sheeva est-elle la personne morte retrouvée en forêt? Comment devient-on un Maudit (les premiers non-humains ont-ils été touchés par hasard? Qui sont-ils? Pourquoi cette haine des Humains envers eux? Sheeva est-elle vraiment une Maudite qui a conservé son apparence humaine? Pourquoi le Professeur ne lui fait-il pas de mal et la protège-t-il au péril de sa vie? Est-elle spéciale? Pourquoi ne s'est-elle pas transformée si elle a été Maudite? Est-elle une résidente du Pays Intérieur comme son père de substitution? Pourquoi a-t-elle été confiée à lui en particulier? C'est un véritable conte qui prend forme sous nos yeux, sombre, doux et enchanteur qui me fait échafauder mille théories. 

Concernant les graphismes, je les trouve tout bonnement magnifiques. J'adore le jeu d'ombres et de lumières de l'auteur qui arrive si bien à nous dépeindre ses personnages et à leur donner cette joie ou cette tristesse si profondes à coup de simples traits. Cette précision dans le décor lors d'un simple trait, d'un simple repas, d'une pièce sombre tapissée de livres.

Il suffit de voir la couverture pour savoir que nous allons passer par toute une myriade d'émotions. Elle met parfaitement et équitablement en valeur toutes ces nuances de noir et de blanc. La calligraphie est superbe et la police utilisée pour le résumé de l'œuvre est la même que celle que j'emploie pour écrire sur traitement de texte, que je trouve renversante et intemporelle. Si l'on a l'impression que le tout forme un ensemble assez simple et bancal, ne vous laissez absolument pas rebuter par cet art, vous perdriez quelque chose. En tout cas cette couverture en papier glacé est souple, du plus bel effet. Visuellement pour moi, on atteint vraiment du très haut niveau. Komikku fait de l'excellent travail et je me rends compte que je me penche de plus en plus sur cette maison d'édition dont les titres phares sont si divins. Je conçois totalement que la patte graphique de l'auteur peut en faire hésiter certains mais je vous conseille de dépasser votre impression, au moins pour ce premier volume, s'il vous plaît. Une fois que vous serez à l'intérieur du manga, vous ne pourrez plus vous en échapper. Komikku a décidément un talent brut pour dénicher des œuvres fantastiques, universelles, à l'état de joyau.

Si les personnages peuvent en décontenancer certains quant à la parité "monstre-humain" que nous retrouvons de plus en plus maintenant - il suffit de vous rendre sur le site de la maison d'édition pour en apprendre plus -, cette nouvelle série promet un contenu novateur, personnel, avec des leçons de vie à tirer et des enseignements profonds et singuliers qui nous éblouiront et nous feront ressentir la justesse des sentiments humains, parfois mieux incarnés par des êtres fondamentalement différents de nous.

Je suis réellement tombée amoureuse de cette histoire de A à Z. NAGABE choisit de mettre en valeur la petite Sheeva dans ce tome, et s'applique à brouiller nos esprits avec cette foule d'interrogations qui planent et envellopent la jeune enfant. Qui présente un design des plus adorables et des plus purs (d'où le fait qu'elle soit "blanche"), surtout quand elle sourit. D'un simple coup de crayon, l'artiste nous fait rebondir les joies, les peines, le désespoir, la mélancolie d'une petite fille qui s'obstine à voir la vie du bon côté en gardant toujours espoir. Naïve, candide, d'une mignonnitude incarnée, d'une tendresse affolante et d'un sens du partage plus large encore que sa contrée, Sheeva est l'enfant la plus douce et la réaliste que j'ai pu rencontrée. On a envie de la consoler, d'essuyer ses larmes lorsqu'elle se met en danger contre son gré et qu'elle ne comprend pas tout de l'hostilité qui l'entoure, de la prendre dans ses bras et de la protéger, tout comme son tuteur.

Quant à ce fameux Maudit, d'un design légèrement effrayant sur les bords, on se rend compte qu'au fur et à mesure qu'on  le découvre, on ne peut s'empêcher de l'apprécier de plus en plus fort. Je me suis déjà énormément attachée à ce duo qui est vraiment complice. Cet être, qui n'a pas de bouche et n'a pas besoin de manger, ne peut pas toucher sa jeune amie parce qu'il lui transmettrait la malédiction, qui semble insensible à la douleur, est la bonté du père dont l'apparence peut tromper aux premiers abords. J'ai craqué pour ce personnage. Il est prêt à tout encaisser pour Sheeva, à lui mentir pour la protéger car il ne supporterait pas de voir couler une larme sur sa joue de porcelaine, à la combler de petites attentions toutes plus attendrissantes les unes que les autres pour qu'elle se sente chez elle avec lui.

Les moments qu'ils partagent ensemble sont terriblement touchants et émouvants et nous rappellent que peu importe la différence ou la barrière des couleurs tant que les sentiments et le coeur sont présents. On souffre avec ce Maudit qui est rongé par la culpabilité de sa condition et le désespoir de ne pas être assez fort pour dire la vérité à Sheeva. On sent vraiment que leurs liens se sont tissés solidement et qu'ils ne pourront être défaits. Le Professeur est une créature véritablement humaine qui donnerait sa vie pour protéger cette petite contraire de son espèce et qui tentera de l'aider jusqu'à la fin du mieux qu'il peut.

Avec L'Enfant et le Maudit, c'est une nouvelle épopée haute en couleurs qui s'écrit et se dessine, une nouvelle claque d'émotions brutes et une fable mélancolique basée sur la vie et l'amour, qui touche la condition humaine en mettant le doigt sur le "blanc" et le "noir" qui cohabitent en chacun de nous. Le graphisme estompé et épuré sied parfaitement à cette œuvre et nous embarque au côté de ce duo lumineux et atypique que l'on aime déjà tant, qui réussit à percer le feuillage obscur par sa présence.
-> Une planche coup de coeur - La perfection visuelle d'un contraste hautement maîtrisé.

La fin de ce tome se termine sur une note vraiment intrigante qui, j'espère, nous donnera plein de réponses pour la suite. Même si je la trouve vraiment paradoxale, elle me met le cerveau à l'envers. Trop d'engrenages qui ne fonctionnent pas encore mais qui ne demandent qu'à être bien huilés. Bref, cet opus m'a coupé le souffle, me tient en haleine et me donne envie de hurler parce que je vais devoir attendre deux mois avant la suite et que le tome 3 n'arrivera peut-être pas avant la fin de l'année. Regardez-le, lisez-le, repartez avec ce tome la prochaine fois que vous irez en librairie ! <3
Cette année 2017 envoie vraiment du lourd chez Komikku, que je remercie de tout coeur pour toutes ces licences abusivement riches, poétiques et adhésives ! 

Bonus : je voulais savoir ce que signifiait "Siuil, a Run" et j'ai appris sur Mangas News qu'il s'agit du titre d'une chanson traditionnelle irlandaise qui peut se traduire par "Va, mon amour".

Citation :
Ecoute... Si jamais tu rencontres un être de l'extérieur, tu ne dois surtout pas le toucher. Sauve-toi le plus vite possible. Pourquoi ? Eh bien... à cause de la malédiction.

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