dimanche 12 mars 2017

Reine d'Egypte tome 1

Synopsis :
C’est le début d’une nouvelle ère dans l’Égypte des Pharaons : le mariage de la jeune Hatchepsout et de son demi-frère Séthi fait de ce dernier l’héritier légitime du trône, sous le nom de Thoutmosis II. Représentants des dieux sur terre, ils resplendissent sous leurs parures, et forment à première vue un couple parfait. Mais sous ses airs d’épouse idéale, Hatchepsout cache une colère profonde… Elle ne veut pas être simple reine, mais plutôt devenir pharaon elle-même, comme son guerrier de père ! Enfant, elle n’a cessé d’humilier Séthi au combat à l’épée, et elle est imbattable au tir à l’arc. Pourquoi ne serait-elle pas digne d’accéder au rang suprême, juste parce qu’elle est née femme ?
Pour Hatchepsout, c’est le début d’un combat pour s’affranchir des conventions ancestrales d’une des plus grandes civilisations du monde !

L’Égypte ancienne revisitée, à travers les yeux d’Hatchepsout, la première grande reine de l’histoire de l’humanité ! Reine d’Égypte n’est pas seulement un régal pour les yeux, c’est aussi une fresque historique minutieusement documentée sur le combat d’une femme trop libre pour son époque. Son charisme, son intelligence et sa volonté sans faille sont ses meilleurs atouts, mais suffiront-ils à provoquer une révolution au pays des dieux ?




Informations sur le manga :
Titre du tome VF : Reine d'Egypte
Titre du tome VO : Aoi Horus no Hitomi - Dansou no Joou no Monogatari
Editeur VF : Ki-oon
Collection : Kizuna
Editeur VO : Enterbrain
Catégorie : Seinen
Date de sortie française : 9 mars 2017
Mangaka : Chie Inudoh
Prix : 7,90
Pages : 188
Appréciation : 4.5/5 Coup de foudre ✿




Ma chronique :

Depuis que j'ai appris que Ki-oon allait licencier cette œuvre je n'ai pas pu contenir mon impatience. Je savais que je me le procurerais le jour même. Il faut savoir qu'avant d'être tombée amoureuse du Japon et ensuite de l'Inde, mon coup de coeur s'est immanquablement porté sur l'Egypte dont je suivais les cours d'histoire avec frénésie, ces deux misérables heures qui traitait de ce pays d'Orient si fascinant alors que j'étais en sixième. Et quel bonheur d'avoir découvert une nouvelle librairie spécialisée par hasard vendant ces nouveautés un jour en avance, le tout avec une chaleur qui vous donne envie de ne pas quitter ce lieu si accueillant.

Et comme prévu, j'ai tout bonnement adoré ma lecture.

Je remercie d'emblée Ki-oon d'avoir intégré une nouvelle collection - historique - à leur catalogue déjà si attractif. Qui est Kizuna - sentiment - en japonais et qui est parfaite pour tout public, peu importe qu'on ait déjà lu des mangas ou pas. Et Reine d'Egypte attaque très fort l'année. J'en attendais énormément et j'avais hâte de tracer l'Histoire en compagnie d'une jeune femme forte et décidée, qui ne se laisse pas marcher sur les pieds.


Nous suivons donc l'histoire de Chepsout, fille du Pharaon et de sa première épouse. La jeune femme est grandement admirée pour sa prestance et sa grande beauté. Or, ce n'est pas que ce que la fille de Pharaon souhaite être : se taire et être belle, ce n'est pas pour elle. Elle veut agir, être active et changer les lois. Etre la première Pharaonne de l'Histoire. Car avant, les femmes n'avaient aucun droit simplement à cause leur sexe. Pourtant, Chepsout est à même de prouver que ce n'est pas parce qu'on est femme, qu'on est forcément de sexe faible. Il y a beaucoup de flash-back dans ce premier tome et on assiste à l'enfance de la jeune fille, très garçon manqué, au niveau du style vestimentaire, de la coiffure, mais aussi et surtout de la mentalité. Chepsout prenait plaisir à humilier son demi-frère Séthi à l'épée et aux arts martiaux. Elle rêvait de monter sur le trône et de marcher dans les pas de son père, Pharaon mais aussi grand guerrier. Mais elle a toujours été punie, refusée, restreinte au simple état de femme, bonne à enfanter et à entretenir son futur époux. On s'attache rapidement à cette petite fille brisée qui voit ses rêves voler en éclats seulement parce qu'elle n'est pas née garçon. La femme n'est Reine que de nom et n'a aucun droit sur l'administration et la gestion de son Etat. Le sexe féminin n'était en aucun cas synonyme de gloire et Chie Inudo cherche à mettre en lumière cette cruelle condition. C'est une mini-révolution qui se met en marche, Chepsout à sa tête, pour faire valoir que la femme doit avoir les mêmes droits que les hommes et qu'elle n'est pas seulement un objet décoratif ni une poupée sans sentiments. Et quel plaisir de suivre cette future Reine ! Que j'aime Chepsout ! Cette héroïne féministe qui n'a pas la langue dans sa poche et qui chamboule son royal entourage. La voir tenir tête à tous et surtout à Séthi est un royal plaisir.


Dès que nous commençons ce manga, nous sommes en plein dans les préparatifs de mariage de Séthi avec sa demi-sœur Chepsout. La jeune femme est d'une beauté éblouissante et on se rend vite compte que son demi-frère est un homme cupide, avide de pouvoir et de plaisir, peignant un monde de violence militaire.


Le sang royal est transmis de la mère à la fille aînée et l'union de ladite princesse avec son époux donne le titre de Pharaon à ce dernier.
Maintenant qu'elle est accédée au trône, Chepsout entend faire bouger les choses de l'intérieur.


Ce premier opus sert déjà à poser des bases solides. On se rend compte que l'entourage de la Reine est principalement constitué d'hommes, les seules femmes étant les servantes et les suivantes de Chepsout et les femmes du harem de Séthi. Les différentes autorités sont encore très peu dépeintes mais les hiérarchies sont clairement posées. Le personnage de Thoutmosis II est certes caricatural mais le rendre antipathique aux yeux de Chepsout renforce notre résolution de la voir accéder au trône. Ce dernier ne pense qu'à lui et à son plaisir charnel.


Il y a également le personnage de Tabia, une jeune danseuse des rues qui va devenir la première amie et la première confidente de notre jeune Reine, qui va l'épauler pour son ascension jusqu'à son trône en l'aidant à devenir la femme la plus belle et la plus fatale possible.  


Et nous retrouvons également le talentueux et séduisant Senmout, un jeune homme qui ne cache pas le mépris qu'il éprouve envers la famille royale et qui a envie de renverser la monarchie en place. Lui et la Reine vont apprendre à se connaître et elle tentera de le convaincre et de trouver en lui un soutien indéfinissable.


Les dessins sont juste magnifiques et nous happent directement dans l'histoire. On sent vraiment l'amour de la mangaka qui consacre tout son talent à ponctuer son récit de petits détails dépeignant à merveille l'Egypte. Le design des personnages est vraiment attirant et je trouve que la dessinatrice a mis le paquet autant sur son chara-design que sur la richesse de ses documentations historiques.


Au niveau de l'édition, Ki-oon a fait un travail fantastique. La couverture est d'une qualité remarquable et de teintes superbes bleutées et or, différente des autres, comme si Ki-oon affectionnait particulièrement sa nouvelle licence. Le papier est épais, légèrement cartonné et granuleux, rappelant justement le sujet souligné par l'auteure. La calligraphie est soignée, les symboles de l'Egypte ancienne font bien ressortir l'ambiance historique.





En tout cas, on ne peut qu'apprécier les risques et l'originalité pris par la mangaka, donnant une œuvre rafraîchissante et accessible à presque tous. Je ne le conseille tout de même pas à tous car il y a quelques poitrines nues mais rien de bien choquant.


Ki-oon a réalisé une très belle bande-annonce qui vous en dira sûrement plus que moi x)

« L’art du combat est déjà ancré en vous et votre beauté sera à la fois votre arme et votre armure! »


On ne naît pas Pharaon, on le devient.




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