samedi 1 avril 2017

Alerte coup de coeur - Nouveauté manga - Moving Forward tome 1 - "C'est une perle que je recommande à tout le monde et dont je ne suis pas ressortie indemne, un début des plus prometteurs, je serai ravie de passer l'année en compagnie de Kuko et de sa bande !"

Résumé :
Sourire pour quoi ? Sourire pour qui ?

Pour masquer ses blessures… ou exprimer sa joie ?

Kuko, jeune lycéenne, affiche toujours un sourire radieux ! Mais autour d'elle, personne ne semble soupçonner que derrière cette apparente bonne humeur se cache une profonde douleur. Ni son père. Ni Kiyo, son voisin métisse. Ni Ibuki, son amie d'enfance fan de shôjo mangas. Seul Outa, jeune étudiant en école d’art, réussit à lire en elle, au-delà des apparences. Car en réalité, depuis sa plus tendre enfance, Kuko souffre d'une absence : de celle d'une mère décédée lors du grand séisme de Kobé. Alors, pour exorciser tout son mal-être, la jeune fille aime tenir son blog photo, sur lequel elle poste "sa vision du monde", à travers le regard des animaux. Mais l'arrivée dans son quartier d'un garçon plus perspicace que les autres pourrait bien chambouler son quotidien…

Entre regards perdus et non-dits, découvrez le quotidien de jeunes adolescents qui, entre arts, amour et amitié, cherchent leur équilibre fragile dans un monde souvent trop cruel.

Informations sur le manga :
Titre du tome VF : Moving Forward tome 1
Titre du tome VO : Aruitou
Editeur VF : Akata
Editeur VO : Shueisha
Catégorie : Shojo
Date de sortie française :  9 mars 2017
Mangaka : Nagamu Nanaji
Prix : 6,95
Pages : 192
Genres : Slice of Life, School Life, Romance, Drame, Tranche-de-Vie
Appréciation : 19/20 ✿

Ma chronique :
Moving Forward a été présenté comme l'un des shôjos de l'année à ne surtout pas rater et Akata en a suffisamment fait la promotion pour que je sois rapidement intéressée. Sachant que je suis moi-même une dingue de ce genre de mangas, si vous m'incluez des graphismes magnifiques et une histoire un brin originale, vous m'avez perdue. Ou m'avez convaincue au choix.

Beaucoup de sorties me tentaient ce mois-ci et j'ai donc dû faire un tri et au lieu d'acheter le premier et éventuellement le deuxième tome de cette série, mon choix s'est porté sur Reine d'Egypte et L'Enfant et le Maudit mais c'était juste inévitable. Je suis contente d'avoir conclus mon mois avec l'achat de ce premier volume qui, je vous l'annonce d'emblée pour ne pas vous faire lambiner, s'avère, après réflexion, un coup de coeur. Ou un coup de foudre...

J'ai encore du mal à cibler mes émotions mais en tout cas, une chose est sûre, c'est que Moving Forward nous offre une entrée en matière qui frappe fort et va droit au coeur et nous intrigue avec une puissance inouïe.

Même si je ne suis pas dépensière, j'ai vraiment regretté de ne pas avoir le tome 2 sous la main, là, tout de suite à la fin de ma lecture. S'il est sorti simultanément avec son prédécesseur, c'est qu'il y avait une bonne raison. On ne peut vouloir qu'enchaîner avec la suite qui nous promet un contenu riche, émouvant et irrémédiablement touchant qui pourrait bien me faire tomber définitivement amoureuse de ce nouveau titre. 

Si ma chronique ne vous satisfait pas, je vous conseille d'aller lire 5 bonnes raisons de se procurer la série et vous allez voir que cela marchera, vous partirez avec un très bon a priori (j'étais certaine d'aimer pour ma part avant de débuter ma lecture et j'attendais et sentais venir cet élan, cette palpitation magique qui m'enflamme lorsque mon coeur tressaute sous mille émotions.) et ne pourrez qu'aimer. N'en attendez tout de même pas trop pour un premier tome mais Moving Forward est déjà un titre que je recommande chaudement à tout les amateurs du genre et pas seulement aux jeunes filles, car, en effet, cette nouvelle série se veut plus mature, plus adulte et plus... universelle. Je pense vraiment qu'un garçon pourrait apprécier MF. Je restreins, je sais, mais c'est vraiment pour appuyer sur les qualités de ce manga.

Je l'avais acheté pour me tenir compagnie pendant mon heure et demi de trajet en train et sitôt arrivée chez moi je n'ai pas pu m'empêcher de me jeter sur mon lit pour le commencer et en lire les 3/4. Je l'ai dévoré, terminé dans le train et relu encore une fois de suite. Je l'ai tout bonnement adoré.

Je ne connaissais absolument pas cette auteure avant l'arrivée de Moving Forward en France mais elle est également la scénatrice et dessinatrice de Parfait-Tic et Koibana.

Tout d'abord, osez me dire que l'objet-livre n'est pas sublime. Regardez fixement la couverture pendant quelques secondes ou croisez le regard de Kuko à la volée en magasin ne fera que capturer votre coeur. Terminée en 11 tomes, cette série nous propose des jaquettes juste éblouissantes, magnifiques et hyper réalistes. On a l'impression que les décors, le chat ou encore l'héroïne s'apprête à prendre vie sous nos yeux.

Les couleurs sont tellement belles, légèrement délavées, et les briques constituant le mur derrière notre protagoniste est d'un dégradé, d'une découpe et d'un soin tellement précis comportant cet amour du détail que j'aime tant.

Bref, c'est juste un point énorme et Akata a toujours fait du bon travail au niveau de l'édition et de sa sélection de shojos. Oui, les fans d'Orange, je m'adresse à vous (OMG, j'ai d'ailleurs quelque chose à demander à ceux ayant lu cette série et ceux ayant le volume ou l'ayant attentivement feuilleté : la première illustration avec Kuko en larmes, n'est pas la copie conforme de celle dans Orange avec Naho ? Sérieusement ? J'en suis toute retournée !).

Le manga en lui-même est souple et sa prise en main est super agréable et fluide, le papier est fin mais de bonne qualité, l'impression ne comporte pas de défauts, et s'il n'y a pas de pages couleurs, l'illustration de début, tout comme le reste de l'ouvrage, est saisissante de sens et de beauté et nous annonce la couleur. La traduction semble rendre justice à son double japonais et nous transmet avec justesse les émotions des personnages, autant au niveau du langage que des onomatopées. Le logo est neutre, agréable s'insère bien et il y a justement une certaine idée de mouvement, de tâtons avant-arrière avec la présence du V de Moving et de le A de Forward tels qu'ils sont représentés. Le choix des diverses polices sont très appréciables.

Je ne pourrai pas vous dire si l'auteure s'est améliorée par rapport à ses anciennes séries mais paraît-il, et je le conçois parfaitement, que sa patte graphique et la maturité de sa mise en scène se sont étoffées.

Le résumé offert par les éditions Akata est selon moi un peu minimaliste et pourtant juste. Je m'explique : la première fois que je me suis renseignée sur le synopsis, j'avais lu la même chose mais en plus détaillé. Je l'ai trouvé mieux et en même temps (bien qu'on le devine facilement) légèrement spoiler. Et la précision apportée n'est encore que peu approfondie dans ce premier volume et j'espère qu'elle gagnera en profondeur par la suite. Ne vous arrêtez pas à ce résumé quelque peu commun et sachez vraiment que l'intrigue est plus profonde. Ne vous attachez pas aux apparences, vous passeriez à côté de belles choses.

Ensuite, j'adorerai reprendre l'accroche de Akata : Sourire : oui mais pourquoi ? J'adhère totalement ! Comment mettre des mots sur des émotions qu'on ne maîtrise pas et qu'on ne comprend même pas ?
Puis, les thèmes abordés à l'intérieur de ce shôjo ont l'air vraiment plus axés sur la psychologie des personnages, plus innovateurs et plus matures.

Parlons de l'histoire. Nous faisons la rencontre de Kuko (enfin des prénoms avec un brin d'originalité!), une jeune fille qualifiée par son entourage de "forte, enjouée et courageuse". Mais l'est-elle vraiment ou n'est-ce qu'une façade ? En réalité, et c'est annoncé tout de go si vous lisez la quatrième de couverture, se terre en la belle, une part de secrets très sombres qu'elle n'ose pas déterrer sous peine d'être engloutie sous une incommensurable tristesse. Personne n'est au courant de sa détresse : ni son père, ni son voisin et ami métis (j'aimerai vraiment que l'idée de la différence et de l'acceptation de soi soit abordé pour ce personnage !) Kiyo, ni Ibu, son amie d'enfance et lectrice acharnée de shôjo manga. Mais le quotidien paisible de l'adolescente s'envolera en fumée lorsqu'elle rencontrera un mystérieux jeune homme dont on ne connaît pas le nom. Et comment cerner Outa, jeune étudiant en école d'art qui semble lire en elle comme en un livre ouvert alors qu'elle ne déchiffre rien de lui ?

Chaque personnage, à part le jeune Kiyo (pour le moment) est doté d'une facette sombre, mystérieuse et inexpliquée. Les adolescents, si l'on exclut la jeune fille, ne cachent rien de leurs émotions à leur entourage et, sans que nous connaissions les soucis qui les tourmentent, s'expriment et vivent tels qu'ils sont. Sans cacher leur douleur, leur peine, leur torture ou leur mécontentement. Et j'aime avoir des protagonistes qui s'assument tels qu'ils sont sans avoir peur de blesser les autres. Cela confère une réelle part de vrai dans cette histoire. Pour les cerner, cela risquera d'être à la fois très dur car leur profondeur a l'air vraiment inaccessible et à la fois simple car ils ne sont pas faux avec leur entourage.

Monsieur X et Outa ont donc, certainement par les secrets qui les habitent, la faculté de percer à jour l'héroïne malgré le masque souriant qu'elle affiche.
Beaucoup ne cherchent pas plus loin que le sourire d'une personne. Qui n'a jamais souri alors qu'il avait envie de pleurer ? Impossible que personne n'ait jamais éprouvé ce genre de choses. Ainsi, l'énergique Kuko donne le sourire à tout le monde par le sien et personne ne se doute qu'elle souffre en son coeur. Kuko verra ses certitudes vaciller avec Outa, dont elle tombera progressivement sous le charme. Enfin, pour le moment ce n'est pas explicite. Mais je vous rassure, cela n'est pas une banale histoire d'amour comme on en a vu des masses. Et j'ai d'ailleurs été prise en traître. Moi aussi, quand j'ai vu Outa sourire pour la première fois, je l'ai trouvé magnifique avec son incurvation légère, presque penaude. Et rapidement il est dit que ce n'est qu'une façade. Quelle idiote j'ai été.

Ce manga nous apprend vraiment à capter les failles de l'autre et à les percevoir. Je ne dis pas que je suis douée à ce jeu-là, oh non, mais quand quelque chose ne va pas, sans être une forceuse, j'interviens dans la limite du possible pour que l'autre personne aille mieux. Toujours est-il que Outa est vraiment intriguant avec ses rares faux sourires qui en réalité ne trompent personne. Son calme et son apparente chaleur contraste justement avec la froideur de son intérieur, gelé, emprisonné. J'ai vraiment hâte de le découvrir.

Ensuite, le bel étranger qui, et cela fait du bien de rencontrer une personne comme ça, n'a pas la langue dans sa poche et dit ce qu'il pense, va énerver la jeune fille à maintes reprises alors qu'elle s'acharnera à établir un contact avec lui. Lui aussi remarquera que le sourire radieux de Kuko n'est qu'un pâle fantôme flottant et vacillant. Borné, en colère, ce jeune homme ne nous livre également très peu de choses à nous mettre sous la dent et j'imagine quantité de possibilités pour le futur scénario.

Les deux garçons remettent en cause la force du sourire de la belle. A quoi bon être celle que l'on n'est pas ? Faut-il sourire au risque d'inquiéter plus qu'il ne le faut les autres ? Comment avoir confiance en la vérité servie sur un plateau d'argent ? L'action de sourire diminue-t-elle le malaise intérieur ? Et surtout, est-il prudent de le masquer à vie ?

Mme Nanaji nous livre un premier tome, déjà pour moi très expressif même si le peu d'informations laisse place à encore de naissantes émotions. Cette œuvre adolescente, spleen, arts et tranche de vie se place au coeur du quotidien d'adolescents comme vous et moi et nous met sans peine à leur place. Nostalgie, peur, prise de conscience, énergie, peps, alternance entre la façade dévoilée et la personne que l'on est réellement... Quelle justesse dans les traits de cette mangaka. Je vous défie de rester impassible et insensible face aux charmes des dessins de l'auteure, au niveau de la couverture (oui, encore !), des personnages mais aussi des décors.

Kuko prend des photos et ces dernières sont si réalistes que l'on dirait des vraies ! J'ai été si touchée par cette jeune fille alors que je ne connais pas encore grand-chose d'elle. J'ai adoré la savoir photographe amateur pour son blog (haha). Et cette originalité de dépeindre le monde à travers le point de vue d'un animal et cette maturité de réflexion survenue trop à cause d'un évènement majeur qui a bouleversé sa vie... c'en était trop pour moi. Kuko est tellement humaine, nous n'avons aucun mal à nous retrouver en elle et à éprouver ses émotions, ses sentiments, ses questionnements.

Il est vrai qu'elle nous apparaît lumineuse, radieuse, un brin garçon manqué et insolente, franche, souriante, serviable, amie fidèle, pétillante, vive... et pourtant qu'une déchirure irréparable sous ce sourire parfait que l'on devine liée à sa mère...

Si tout cela vous paraît un brin noir alors que ce n'est que le début, vous pouvez pourtant compter sur Nagamu Nanaji pour alléger l'atmosphère en distillant des traits d'humour tout le long de son récit. Le sourire parvient franchement à nos lèvres et un rire léger ronronne tout seul dans notre gorge. J'attribue une mention spéciale à la jeune Ibu, fan de ce genre d'histoire justement qui ne peut s'empêcher de faire des parallèles avec sa meilleure amie. Son design gothique et juste adorable et c'est ironiquement (contrairement aux jugements d'aujourd'hui !) la personne la plus lumineuse que l'on puisse trouver malgré qu'elle soit recouverte de noir de pied en cap. Apparence trompeuse ?
Ses prédictions se révèleront-elles justifiées ?

De plus, je me souviens avoir été légèrement déstabilisée par le dialecte paysan des personnages originaires de ce petit village mais au fur et à mesure on s'habitue facilement et on s'en amuse parfois.


La mangaka parvient ainsi à sortir habilement des sentiers battus.

On prend plaisir à suivre les interactions entre nos différents chouchous : vivifiantes, légères, pleine de tension...


L'auteure nous offre une mise en bouche soigneusement travaillée et prend son temps  pour détailler ses protagonistes. On se retrouve avec énormément de questions et on se met à espérer grappiller quelques miettes d'informations mais la trame reste résolument lente ce qui est un choix judicieux de la part de Nagamu Nanaji.

J'aimerai beaucoup que l'idée de photographie et de peinture soit développée par la suite mais je suis sûre qu'il en ira de même. Quel réalisme (je suis désolée, je n'ai que ce mot là aux lèvres) dans les traits des paysages foisonnants.

Pour faire un petit retour aux personnages, Kiyo est pour le moment l'archétype du protagoniste cliché, on saisit rapidement que l'ami d'enfance est amoureux de sa meilleure amie et que celle-ci l'ignore délibérément (je penche plutôt sur l'option 1) ou alors qu'elle ne l'a vraiment pas remarqué.


On apprécie justement que l'héroïne ne soit pas perpétuellement rougissante face aux garçons qui l'approchent, de loin ou de près. Toujours-il que l'on s'attache également à Kiyo car c'est un personnage présenté comme transparent mais qui ne manque pas de neurones. Il est empreint de bonnes qualités et pétri de bonnes intentions et n'est certainement pas dupe.


Notre nouvel arrivant au village n'est pas qu'antipathique et asocial, il m'est même vraiment sympathique. Concernant Outa, je crois que c'est celui qui cache le plus de vérités en lui. Mais je ne voudrais pas m'exprimer plus sur le sujet.
Ainsi donc, chaque personnage n'apparaît pas tel qu'il est vraiment et cela met un certain piment pour la suite.

Pour reparler des dessins, ils sont magnifiques et correspondent parfaitement aux récits. Les personnages sont très expressifs et sans fioritures. Les héros sont beaux et très agréables à regarder. (Je ne parle pas que des garçons hein...)

Pour conclure, ce premier tome de Moving Forward en séduira plus d'un. Je pense réellement qu'il a le potentiel pour se placer dans la catégorie des meilleurs shôjos de l'année, il en a pour cela toutes les qualités. Les couvertures sont des merveilles, les dessins ne peuvent que nous émerveiller, la psychologie des personnages est déjà éveillée, les décors sont soignés, les thèmes abordés sont originaux et intrigants... le suspense et l'émotion sont au rendez-vous. L'héroïne n'est pas niaise pour un sou et cache une profonde volonté de plaire et de s'émanciper et n'arrive pas à trouver le juste équilibre entre son sourire spontané et celui qu'elle offre à tout bout de champ. On s'attache aux personnages car on a tous déjà éprouvé la même chose quant à la valeur et la signification d'un sourire. Sourire pour soi ou pour son entourage ? Quels en sont les bienfaits, les conséquences sur le moi et les autres ?

/ A ne pas lire si vous n'avez pas lu le manga ! / Akata a bien fait de sortir simultanément le volume 2, surtout au vu de la suite promise et la fin du tome 1 qui fait s'effondrer la carapace de Kuko...

C'est une perle que je recommande à tout le monde et dont je ne suis pas ressortie indemne, un début des plus prometteurs, je serai ravie de passer l'année en compagnie de Kuko et de sa bande ! <3

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